Editorial - May 18, 2021

Pour La Culture : HHLS Radio, la radio du futur

Après 15 ans de soirées cultes, de concerts prestigieux et de souvenirs inoubliables, le label parisien “Hip Hop Loves Soul” entame une nouvelle aventure et devient “la radio du futur” : HHLS Radio ! Son slogan “For Lovers & Diggers” en dit long sur la dynamique fédératrice du projet, qui donne le pouvoir à la communauté : celle qui soutient le mouvement depuis le début, celle qui a adhéré en cours de route et celle qui découvrira cette radio indé Rap, R&B et Soul sur les ondes.

 

Qui de mieux placé pour parler de cet espace d’expression “qui défend la culture et ses talents, et diffuse une musique à la fois accessible et pointue” que son CEO & Founder, Didier Piquionne ? Merci à lui pour son temps et sa passion incontestée pour le Hip-Hop. Et merci à vous pour votre contribution au développement de HHLS Radio !

Herbby : Salut Didier. J’espère que tu vas bien. Félicitations pour ce nouveau step et le lancement de HHLS Radio ! Comme tu l’as bien souligné dans la vidéo promo de votre campagne de crowdfunding : tout Paname est passé par (au moins) un de vos évènements. Avant de parler du futur et de la radio, revenons à l’essence du projet. Comment est né le concept “Hip Hop Loves Soul” ?

Didier : Déjà merci à toi Herbby de me donner l’opportunité de m’exprimer au sujet de HHLS. Pour répondre à ta question, en fait je ne me retrouvais pas dans les expériences de fêtes que je vivais à l’époque. Il y avait un côté trop “cloisonné” et j’avais envie de fédérer les différentes tribus qui composent le mouvement Hip-Hop parisien. Je voulais que, dans mes événements, tu puisses croiser des mecs de cité autant que des petits Parisiens, qu’on puisse s’éclater sur un gros track Dirty South autant que sur du Boom bap new-yorkais. Je me suis tourné vers les States et je me suis dit que le modèle des block parties de l’époque ressemblaient bien à ce que j’avais envie de créer. Ça a donc été mon inspiration pour lancer “Hip Hop Loves Soul” : une soirée dont la vocation était de faire tomber les barrières entre les genres et entre les gens, comme à l’époque des block parties des 80s dans le Bronx !

H : Selon toi, quelles ont été les clés du succès de ces 15 ans de HHLS ?

D : Numéro uno : la musique ! On a toujours eu des DJs de ouf pour nous accompagner. Mais notre vrai plus, c’était le travail en équipe. Les DJs formaient un orchestre. On écrivait des conducteurs qui étaient comme des partitions pour proposer un vrai show musical à chaque rendez-vous.

Ensuite, les lieux : on a démarré à la Scène Bastille puis on s’est très vite retrouvé dans des lieux mythiques comme l’Élysée Montmartre, le Bataclan ou encore la Machine du Moulin Rouge. À chaque fois, nous étions les premiers orgas Hip-Hop à prendre des résidences dans ces lieux qui avaient l’habitude des concerts et des soirées Electro uniquement.

Super important : le public. À HHLS, tu croisais la street, la hype, les backpackers et même le petit étudiant qui faisait ses premiers pas en soirée ! Un mélange improbable et surtout unique à Paname, qui donnait une vibe de dingue dans la soirée.

Enfin, la qualité des prods. On mettait un point d’honneur à offrir des RDV 5 étoiles à notre public. On investissait énormément en scénographie pour permettre à nos amoureux du bon son de vivre une expérience de ouf.

H : Quel est ton meilleur souvenir de HHLS, tout évènement confondu ?

D : Elle est terrible ta question, c’est ultra dur de choisir UN meilleur souvenir… Si tu permets, j’en mettrais 3. La première à l’Élysée Montmartre parce qu’on aurait jamais imaginé blinder le lieu comme on l’a fait et surtout avoir une fête aussi incroyable pour un lancement. Ensuite, les 10 ans de HHLS à la Clairière de Longchamp devant quasiment 4000 personnes, en format festival. On a organisé ça en 15 jours, c’était complètement fou. Pour finir, la première collab à l’étranger avec les mecs de Encore à Amsterdam, où on a apporté notre French savoir-faire en dehors de notre zone et on a retourné le Melkweg : INCROYABLE !

H : Comment t’es venu l’idée de donner un second souffle au concept initial et de développer HHLS Radio ?

D : Depuis trois ans, on se demande quelle suite donner au projet. Il y a eu pas mal de discussions sur le sujet et elles ont toutes menées à la conclusion que HHLS est un projet dont la colonne vertébrale est la musique. On a donc pensé à l’option label, on a monté la structure en janvier 2020 et on produit des artistes (dont Shana Manga et son premier EP “Roses are not just Red”). Le label c’était cool mais pas suffisant à nos yeux et puis avec la crise Covid-19, on voulait impérativement maintenir le lien avec notre communauté. Ça nous paraissait vitale de partager notre amour de la musique avec nos gens. On s’est dit qu’une radio ça avait du sens, que ça pourrait être une belle suite à donner à la mythique soirée “Hip Hop Loves Soul”. C’est l’occasion pour nous d’engager day to day toute notre communauté autour d’un projet commun et c’est ce qu’on fait : nos curateurs sont des passionnés, pas forcément des pros, et ils programment nos émissions avec nous, nos DJs participent à l’aventure, ce qui leur permet de rester connectés au public etc.

 

H : Qu’est-ce que HHLS Radio ? Qu’est-ce qui fait d’elle “la radio du futur” ?

D : HHLS Radio est une radio 100% indé et collaborative, qui diffuse du Rap, du R&B, de la Soul, ainsi que des alternatives liées aux trois styles précités, avec un ton à la fois accessible et pointu. HHLS Radio, c’est le turfu parce qu’on veut donner à la communauté le pouvoir de garder le contrôle sur sa culture : notre communauté est notre partenaire principal ! Turfu, parce qu’on mise beaucoup sur les talents émergents donc on est à fond dans la découverte. Le futur pour nous, c’est aussi et sans aucun doute, les femmes. On veut les mettre en avant, tant nos collaboratrices que les artistes. On croit profondément au Power de nos Boss Ladies. Et puis HHLS Radio va fonctionner sans pub et sans algorithme (en tout cas, pas de la manière dont ces outils sont utilisés aujourd’hui), ce qui va complètement à l’encontre des modèles actuels et nous positionne dans le turfu. Globalement, notre modèle est assez unique dans son genre.

H : J’apprécie particulièrement votre slogan “For Lovers & Diggers”, qui me rappelle la phase de Prodigy (Mobb Deep) “To all the k*llers and a hundred dollar billers”, dans Shook Ones Pt. II (1995) ! Peux-tu développer sur cette tagline ?

D : Waouh, déjà merci de faire un parallèle entre une des punchlines les plus emblématiques du Hip-Hop et notre tagline “For Lovers & Diggers” ! Tout comme Prodigy qui, d’entrée de jeu, explique à qui il adresse sa musique, on a voulu être clair sur le fait que HHLS Radio est une radio pour les passionnés, qu’ils soient des “érudits” ou juste des kiffeurs de bon son. On veut à la fois pouvoir revendiquer exigence, qualité, connaissance et plaisir décomplexé d’écouter un track easy ou populaire, si on considère que la musique est bonne.

H : À quoi ressemblera votre “programmation d’horloger suisse” ?

D : En termes de mood, le matin c’est chill donc très Nu Soul, R&B, Nu Wave et Future. Le midi c’est groovy donc tendance R&B et Rap, avec un axe très 2000s et mid 2000s. L’aprem c’est tonique, ça envoie plutôt du Rap dans toutes ses déclinaisons donc Trap et Drill bien présentes. Le soir c’est une ambiance plutôt planante avec du Rap Cloudy, Lo-Fi, Nu Soul… Tous ces styles musicaux, tu les retrouves en condensé dans des émissions qui sont programmées pendant 2h le matin et 2h le soir. Au total, on a 9 émissions spé déclinées sur toute la semaine.

Pour résumer, je dirais que notre programmation est solidement ancrée à tous les genres issus de la musique noire. On se met pas trop de barrières, tout vient de la même matrice, faut juste bien faire le mix et c’est ce qu’on essaye de proposer. L’idée c’est vraiment de fédérer les kiffeurs de Rap, R&B, Soul, de sons plus alternatifs, et de mettre en avant les nouveaux talents.

H : Vous avez déjà lancé une version bêta de HHLS Radio sur diverses plateformes accessibles via iOS, Android, Blackberry et Windows Phone. Quel est ton Top 3 Playlists pour : un réveil compliqué / un dîner romantique / un Dimanche ensoleillé ?

D : Ahah, j’adore ta question et juste avant d’y répondre, je précise que HHLS Radio est, en effet, dispo en bêta sur de grosses plateformes type Deezer ou Radio.fr ou tout simplement sur www.hhls.fr !

Pour ce qui est de mon Top 3 Playlists, le réveil compliqué peut se régler avec Les Nubians “Makeda”, pour un dîner romantique, je préconise Fousheé “Gold Fronts” et pour un Dimanche ensoleillé, un petit Jarreau Vandal “Obsessive”, ça peut grave le faire.

 

H : Vous avez une forte volonté de promouvoir des talents féminins, pour le grand bonheur de tous ! Quel est ton Top 3 Boss Ladies : une chanteuse ou rappeuse / une DJ / une créatrice de contenu ?

D : On y croit depuis longtemps à la force des femmes. Avec le projet radio, on a voulu développer des actions encore plus concrètes pour participer humblement à leur mise en avant. Donc, en rappeuse, on croit grave en Meryl, en DJ, Sosupersam c’est très chaud, et en créatrice de contenu, on valide fort Tokou !

H : Comment peut-on contribuer à l’essor de HHLS Radio ?

D : Dans un premier temps, en allant écouter et en nous faisant des retours sur ce que vous souhaiteriez entendre à l’antenne. Vous pouvez même nous proposer de faire activement partie de la Team : contributions écrites, curation musicale… Comme je ne cesse de le répéter, cette radio, c’est la radio de la communauté donc on est super open pour bosser avec notre public !

Ensuite, pour nous, l’indépendance c’est l’assurance de garantir une approche musicale et culturelle la plus intègre possible. En clair, ça veut dire que les seuls partenaires auxquels on veut devoir rendre des comptes, c’est notre public. On lui propose donc de nous aider à garantir cette indépendance en co-finançant le projet… On est clairement dans le “par nous pour nous” et on espère que tous ceux qui se sentiront concernés, participeront massivement à notre crowdfunding. Plus vous serez nombreux à soutenir, plus on pourra vous proposer de belles choses donc partagez, posez un billet (selon vos moyens, bien sûr) et en plus, il y a de beaux cadeaux pour vous remercier de la force que vous aurez donné !

 

On veut construire la radio du futur avec notre communauté et la première étape pour cela, c’est de réussir ce crowdfunding en atteignant l’objectif, et même mieux, en le dépassant ! 

H : Dans quoi seront investis les fonds de votre campagne de crowdfunding ?

D : L’objectif initial atteint sera investi dans :

  • Une app, où tu retrouveras la radio que tu pourras consommer en continu, partout et à n’importe quel moment… depuis ta poche. Il y aura 2, 3 petites friandises en plus sur l’app pour rendre l’expérience encore plus cool.
  • Un site internet où tu retrouveras, bien entendu, la radio mais aussi des tapes gratuites réalisées par nos DJs, nos playlists et un e-shop avec du merch super cool.
  • Du matériel audio pour diffuser et enregistrer nos émissions et une force pour le programmateur qui s’occupe de toute la technique 24/7. Franchement, cet homme est un héros !

On a d’ailleurs procédé à une mise à jour de nos ambitions et on vise maintenant les 150% qui nous serviront à proposer une expérience plus deep sur la musique et la culture. Par exemple, on aimerait une voire des voix pour rythmer la journée, des journalistes, d’expérience ou plus jeunes, pour animer nos émissions, concevoir et produire des contenus funs ou utiles à la transmission…

 

D : Niveau planning, le lancement de l’app V1 et du site internet en mode customisé, est prévu pour juin 2021.