“Fais ce qui te plaît jusqu’à ce que ça plaise aux autres” : tout est dit dans la bio Instagram de Didi B Mojaveli aka SHOGÜN soit une référence de la musique africaine et internationale, originaire de Côte d’Ivoire. Après plus de 10 ans de carrière en groupe avec Kiff No Beat et en solo, son dernier album MOJO TRÖNE 2 : HISTORY lui a notamment permis d’assurer un concert à guichet fermé à l’Elysée Montmartre !

On set avec Didi B Mojaveli aka SHOGÜN – Crédit photo : @swelly_x sur Instagram
En pleine tournée internationale, Didi B a pris le temps de nous annoncer ses intentions pour 2023 avec le titre éponyme, SHOGÜN et Trophy Room. J’ai profité de sa venue à Paris pour m’entretenir avec lui afin d’en savoir plus sur son héritage musical, sa vision de l’art, sa polyvalence et ses projets à venir… S/O Chuck pour la connexion !
Herbby : Quel est ton premier souvenir de musique ?
Didi B : À 5, 6 ans, on m’a acheté un piano. J’étais intrigué et je touchais beaucoup celui de mon père donc on a fini par m’en acheter un.
H : Dans ton morceau SHOGÜN, tu dis : “J’suis enfant de musicien, je sais tout faire, c’est mon excuse”. Peux-tu nous parler de ton héritage musical et du village Ki-Yi à Abidjan, en Côte d’Ivoire ?
DB : J’ai placé cette phase pour justifier ma polyvalence : je chante, je danse, je rappe sur différents styles de musique… Pour répondre à ta question, j’ai hérité du style de musique de mon père qui m’a également appris l’importance de l’acharnement dans le travail, la scénographie, la chorégraphie, la créativité… Je n’ai pas été élève du village Ki-Yi, qui est un centre de formation artistique et un lieu de vie communautaire, mais mes parents m’ont inculqué les valeurs de l’établissement depuis petit, je les ai vu travailler, performer là-bas et ça m’a beaucoup inspiré.

H : Comment es-tu tombé dans le Rap ?
DB : Ça a commencé au collège mais je me souviens qu’au lycée, la star de l’établissement rappait donc je voulais rapper aussi, pour être adulé comme lui ! (rires) Du coup, je me suis lancé, j’ai enregistré un son en studio et j’ai trouvé que ce n’était pas si difficile que ça… J’ai choisi le Rap sachant qu’à l’époque, c’était la tendance tecktonik donc j’aurais pu virer du mauvais côté… (rires) Niveau influence, en Côte d’Ivoire, on était très portés sur les rappeurs américains, comme en France. Mais en tant que francophones, on cherchait et trouvait nos repères dans le Rap français, avec des artistes comme Booba, La Fouine, la Sexion d’Assaut etc mais aussi des artistes underground.

Nike Air Max Plus 3 “Black/Orange” aux pieds de Didi B – Crédit photo : @swelly_x sur Instagram
H : Dans ta bio Instagram, tu te définis comme un “Visionary Artist”. Quelle est ta définition d’un “Visionary Artist” ?
DB : C’est quelqu’un qui vise plus loin que la réussite dans la musique. En ce qui me concerne, j’estime devoir guider toute une génération vers une vision. C’est pourquoi j’essaie toujours de me surpasser et d’apporter de la valeur ajoutée à mes projets. D’autant plus que sur le continent africain, en tant qu’artiste, c’est difficile de bien gérer tout ce qui tourne autour de la musique. Je fais quand même en sorte d’aller plus loin pour que l’industrie de la musique africaine s’adapte à mes ambitions.

H : Ton premier album solo MOJO TRÖNE 2 : HISTORY est sorti fin mai 2022. Il connaît un succès international indiscutable depuis. Que retiens-tu de l’expérience globale liée à ce projet : la création de l’album, le tournage des clips, la promo, l’engagement avec ton public, la tournée… ?
DB : Déjà, une tournée c’est fatigant… (rires) Sinon, il m’a fallu beaucoup de préparation pour réaliser l’album et on aurait pu faire plus ! J’ai également dû faire preuve de patience et de courage parce que j’ai retravaillé, modifié, recommencé plusieurs sons, plusieurs fois, avant de valider la version finale de l’album.
H : Tu as récemment sorti le son 2023, que tu as clippé, dans lequel tu annonces la couleur pour cette nouvelle année… Quelles sont tes résolutions artistiques pour 2023 ?
DB : Cette année, je vise l’international et je fais en sorte d’être dans les meilleures conditions pour faire chacun de mes morceaux. 2023 : il faut que je sois dans mon élément !

On set avec Didi B Mojaveli aka SHOGÜN – Crédit photo : @swelly_x sur Instagram
H : On va de nouveau parler de ton morceau SHOGÜN dans lequel tu rappes sur du “mbalax”, un style de musique traditionnelle du Sénégal. Comment est né le concept du son ? Peux-tu nous en dire plus sur ton process créatif en général ?
DB : Déjà, j’aime créer, j’aime mélanger donc c’est quelque chose que je fais souvent. Ensuite, j’aime faire des instrus sur mesure. Pour SHOGÜN, j’ai appelé directement le beatmaker Passa Beatz juste après la cérémonie des Afrima Awards à Dakar. J’étais censé rentrer à Abidjan le lendemain mais je ne me voyais pas quitter le Sénégal comme ça, surtout après avoir remporté le prix de la Meilleure Chanson de l’Année avec Tala. Je n’avais pas de morceau prêt donc on l’a créé de A à Z avec Passa, en même temps, j’ai vu avec ma Manager pour qu’elle organise le tournage du clip 2 jours après ! Je n’ai pas eu peur de rapper sur du mbalax parce que j’ai l’habitude de faire tout type d’instrus et de poser dessus. D’ailleurs, S/O à Passa pour son travail et sa flexibilité ! Il a vraiment suivi et retranscrit au détail près tout ce que j’avais en tête pour ce son.
La conception de SHOGÜN reflète mon process créatif quotidien : j’ai le concept de la chanson en tête, je développe l’intégralité de l’instru sur le tas avec un beatmaker ou je lui donne des indications précises pour qu’il fasse l’instru.

Reebok Shaq Attaq IV “Orlando” à mes pieds – Crédit photo : @swelly_x sur Instagram
H : Aujourd’hui, après plus de 10 ans de carrière et de travail acharné avec le groupe Kiff No Beat et en solo, tu es une référence de l’industrie de la musique africaine et internationale. Quels conseils donnerais-tu à un.e jeune artiste du continent africain qui aimerait exceller dans son art de prédilection ?
DB : Je lui conseillerais d’écouter son coeur, de bien travailler son image et de partager des visuels de qualité. Pour la musique, je lui dirais de bien cibler son public et de ne pas faire les choses “au hasard”. Il faut faire la musique intelligemment et avoir une équipe de confiance avec laquelle tu peux brainstormer et avancer dans les meilleures conditions.

On set avec Didi B Mojaveli aka SHOGÜN – Crédit photo : @swelly_x sur Instagram

