Editorial - October 22, 2021

She Knows : Djacklyne, activiste du sport féminin

This article is part 5 of 9 in the series: She Knows

Si tu as l’habitude de participer aux évènements (street) foot de la capitale, tu as forcément déjà croisé Djacklyne sur le bord du terrain, toujours bien chaussée ! Son investissement considérable dans le développement du sport féminin, particulièrement du ballon rond, est reconnu dans la rue et sur la toile.

Djacklyne au premier tournoi IMPULSTAR 100% féminin à Argenteuil – Crédit photo : @the_saga_continuzes sur Instagram

À l’occasion de la première édition du tournoi IMPULSTAR 100% féminin, j’ai décidé de l’interviewer pour en savoir plus sur sa passion pour le foot, son activisme socio-sportif et ses projets dans le milieu.

Herbby : En quoi consiste ton statut d’activiste du sport féminin ?

Djacklyne : Mon statut d’activiste du sport féminin, plus précisément du football féminin, consiste à chasser les talents et les opportunités pour donner un coup de pouce au football féminin. Je suis hyper active dans le milieu et je multiplie les casquettes : joueuse au Cergy Pontoise Football Club, Responsable de la section féminine et membre du Comité Directeur du club. J’organise des tournois de street football à la demande des filles, je manage le club de street foot Zoo’zer FC, je suis également membre du mouvement Les Hijabeuses qui se battent pour avoir le droit de jouer avec le hijab lors des compétitions officielles. J’essaie de connaître sur le bout des doigts le paysage du football parisien.

Joueuses du tournoi IMPULSTAR 100% féminin à Argenteuil – Crédit photo : @the_saga_continuzes sur Instagram

H : Ton premier amour sportif est le football. Comment est née cette passion pour le ballon rond ?

D : Ma passion pour le foot a commencé à 6 ans, en CP, en jouant avec mes camarades de classe à la récréation.

H : Qui étaient tes principales inspirations/références à l’époque ?

D : Je n’en avais pas vraiment mais El Hadji Diouf a bercé mon enfance tout comme les gestes de Zidane, les actions de Drogba et de Samuel Eto’o. J’aimais beaucoup l’OM car, en plus de leur ferveur de ouf et de leur jeu, ils avaient un président noir, sénégalais et pas mal de joueurs sénégalais que j’aimais particulièrement comme Mamadou Niang et Souleymane Diawara. Aujourd’hui, j’aime beaucoup CR7 pour ses valeurs de travail, selfcare, nutritions… et Sadio Mané, encore un joueur sénégalais ! (rires)

Tournoi IMPULSTAR 100% féminin à Argenteuil – Crédit photo : @the_saga_continuzes sur Instagram

H : Comment as-tu vécu tes débuts dans le foot en tant que fille ? Vois-tu une différence aujourd’hui ?

D : Mes débuts ont été cool, j’étais “la coqueluche”, la fille qui savait jouer au foot. On m’appelait tout le temps pour faire des matches. J’étais validée, c’était lourd ! Mais face aux adversaires, je devais toujours prouver que je n’étais pas inférieure.

À 9, 10 ans, en club, j’avais refusé d’intégrer une équipe masculine car j’avais peur de la manière dont ça allait se passer dans le vestiaire, je ne savais pas que j’allais être dans un vestiaire séparé. J’ai finalement commencé à jouer en club à 15 ans, encouragée par mon père, quand le club de ma ville a ouvert une équipe féminine.

Aujourd’hui, il y a toujours des difficultés à franchir le pas et à prendre sa licence en tant que joueuse mais, au moins, les clubs offrent la possibilité, dès le plus jeune âge, de jouer entre filles ou pas et ça, c’est top !

Action d’une joueuse de l’équipe Zoo’zer FC au tournoi IMPULSTAR 100% féminin à Argenteuil – Crédit photo : @the_saga_continuzes sur Instagram

H : Comment s’est passé le développement de ton engagement au sein et en faveur du sport féminin ?

D : Mon engagement s’est développé très naturellement. Je faisais des choses sans m’en rendre compte comme organiser des matches entre filles. Un jour, je jouais sur le terrain au travail et un collègue du Marketing m’a demandé de ramener des joueuses pour un tournoi de marque et c’est parti de là. J’ai pris conscience du potentiel inexploité qu’il y avait pour les filles et pour les marques. J’ai donc fait les choses pour que ce potentiel soit exploité. Mais je ne l’ai pas fait seule. C’est aussi grâce aux gens qui ont cru en moi et au football féminin. Ça a commencé par une apparition des filles en one shot sur un tournoi à aujourd’hui, un vrai ancrage du football féminin dans les stratégies de marque.

 

H : Tu es particulièrement impliquée dans les tournois de street foot. Comment expliques-tu l’essor de tous ces évènements au cœur des quartiers parisiens ?

D : Je pense que ces évènements manquaient dans le paysage, les gens ont tout simplement décidé de se prendre en main et de faire par eux-mêmes. La force des réseaux sociaux les a aussi incités à se lever et à faire. Pour ma part, ce sont des choses que je faisais depuis un moment par nécessité car c’était dur de réunir des filles et de jouer ensemble.

Namnata Traoré, speakerine du tournoi IMPULSTAR 100% féminin à Argenteuil – Crédit photo : @the_saga_continuzes sur Instagram

H : Quel est ton Top 3 des events football, toutes catégories confondues ? (Coupe du Monde, Euro, CAN, tournois Nike Phantom, IMPULSTAR, Mercurial Cup, CAN de Cergy, Barrio Nation Cup…)

D : 1. IMPULSTAR pour son authenticité et toutes les belles histoires qu’il y a autour de ce tournoi, tout en gardant le charme du ghetto qui, pour moi, fait toute la différence.

2. Les CAN de quartier car les gens se lèvent et font de grandes choses avec leurs petits moyens.

3. La Mercurial Cup qui, selon moi, est l’évènement Nike Football le plus abouti sur lequel j’ai pu bosser.

Le terrain Instagram du premier tournoi IMPULSTAR 100% féminin à Argenteuil, réalisé par Panagon Media – Crédit photo : @the_saga_continuzes sur Instagram

H : Tu es toujours bien chaussée, sur et hors du terrain… Quel est ton Top 3 sneakers pour : jouer dans une pub Nike Football / représenter le sport féminin aux prochains Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024 / inaugurer ton propre tournoi ?

D : Pour jouer dans une pub Nike Football, j’opterais pour la AJ5 Retro “PSG” qui est la plus belle, pour moi. Pour représenter le sport féminin aux JO de Paris 2024, la AJ6 Retro “Aleali May”. Pour inaugurer mon propre tournoi, la AJ3 Retro “À Ma Manière” en hommage à la femme noire.

Tournoi IMPULSTAR 100% féminin à Argenteuil – Crédit photo : @the_saga_continuzes sur Instagram

H : Selon toi, que doit-on faire de manière unanime pour contribuer à l’expansion du sport féminin ?

D : Je pense que ça doit commencer par de la curiosité : venir voir les matches et les compétitions, s’y intéresser, mettre en avant sur les réseaux ce qui vous a plu, échanger et débattre avec des vraies passionnées pour mieux comprendre, couvrir plus d’évènements de sport féminin… Je vous garantis que vous deviendrez des fervents défenseurs et ambassadeurs de ces disciplines qui vous auront séduits.

Tournoi IMPULSTAR 100% féminin à Argenteuil – Crédit photo : @the_saga_continuzes sur Instagram

H : Pour toi, que signifie “She Knows” ?

D : Pour moi, “She Knows” représente celle qui sait de quoi elle parle, qui sait ce qu’elle fait et pourquoi elle le fait. Une femme forte qui sait où elle veut aller et qui va se battre pour y arriver !

Djacklyne et moi au premier tournoi IMPULSTAR 100% féminin à Argenteuil – Crédit photo : @the_saga_continuzes sur Instagram