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décembre 20, 2022

Last updated on décembre 23, 2022

She Knows : Interview avec Vikki Tobak

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Mettons les sneakers de côté et parlons bijoux… Ice Cold: A Hip-Hop Jewelry History est le second livre de l’auteure Vikki Tobak, aux éditions TASCHEN, qui retrace l’histoire du bling en tant que “pierre angulaire de la culture Hip-Hop”, des 1980s à nos jours. De Slick Rick aux Migos, en passant par Jay-Z, Cardi B, Tyler, The Creator ou encore City Girls, toutes les figures majeures de l’industrie sont mises à l’honneur dans ce recueil de qualité, à travers des images et des témoignages inédits. Sans oublier le travail rayonnant des joailliers comme Avianne & Co. et les clichés “des plus grands photographes contemporains” dont Janette Beckman, Mike Miller, Sophie Bramly, Armen Djerrahian et j’en passe !

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Ice Cold: A Hip-Hop Jewelry History de Vikki Tobak aux éditions TASCHEN – Crédit photo : @cmichalet sur Instagram

J’ai récemment eu l’opportunité de m’entretenir avec Vikki Tobak à La Place (encore merci pour l’accueil !) et c’est avec grand plaisir que je te partage cet échange mémorable avec l’auteure qui s’autodéfinit en 3 mots : Hip-Hop, Hardwork et… french fries ! Mention spéciale à notre last minute guest, le photographe Mike Miller, qui est notamment à l’origine de la cover de l’ouvrage.

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Vikki Tobak, auteure du livre Ice Cold: A Hip-Hop Jewelry History aux éditions TASCHEN, en direct de La Place (10 passage de la Canopée, 75001 Paris) – Crédit photo : @cmichalet sur Instagram.

Herbby : Quel est votre premier souvenir de Hip-Hop ?

Vikki Tobak : J’ai grandi à Détroit et mon premier souvenir de Hip-Hop est quand j’ai entendu pour la première fois l’album de Public Enemy It Takes a Nation of Millions to Hold Us Back en 1988, sur une cassette audio. Un ami skateur l’écoutait et j’ai halluciné !

Mike Miller : Je suis de Los Angeles et je me souviens que j’écoutais la station radio KDAY 1580-AM et chaque Samedi soir, il y avait l’émission Hip-Hop “Mac Attack” de Greg Mack. Je l’enregistrais sur des cassettes audio pour pouvoir la réécouter en boucle. J’étais aussi très intéressé par le graffiti et l’univers du skate à l’époque.

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Aperçu du livre Ice Cold: A Hip-Hop Jewelry History de Vikki Tobak aux éditions TASCHEN – Crédit photo : @cmichalet sur Instagram.

H : Comment êtes-vous tombés amoureux de cette culture multidisciplinaire ?

VT : À Détroit, on s’intéresse beaucoup au Hip-Hop new-yorkais et je suis tellement une personne visuelle que je suis tombée amoureuse de cette culture grâce au film de 1984, Beat Street. On y retrouve tous les éléments du Hip-Hop et j’adore la danse, avec des collectifs comme le Rock Steady Crew et les New York City Breakers. Le New York de l’époque me faisait fantasmer et le film met bien en lumière le côté romantique de la ville. C’est clairement Beat Street qui m’a fait apprécier l’ensemble des composantes du Hip-Hop.

MM : J’ai débuté mon aventure musicale avec le rock’n’roll et des artistes comme Led Zeppelin, Pink Floyd, Jimi Hendrix… Puis, j’ai enchaîné avec le punk rock, le funk, la soul et j’ai vu le Hip-Hop naître, comme beaucoup. Grâce à KDAY 1580-AM, on avait accès au funk, à la soul et au Hip-Hop. Je me suis ensuite dirigé vers le DJing et je mixais  notamment avec DJ Muggs de Cypress Hill, avant que le groupe soit créé. J’ai d’ailleurs travaillé avec eux sur la direction artistique du groupe.

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On set avec Vikki Tobak et Mike Miller, en direct de La Place – Crédit photo : @cmichalet sur Instagram.

H : Vikki, parle-nous un peu de ton parcours professionnel en tant qu’ancienne Culture Editor et actuelle Auteure et Curator.

VT : Détroit est une ville musicale, une ville populaire et une ville marquée par la Black Culture. Je suis tombée amoureuse de la photographie en allant dans une petite librairie à proximité de la maison où j’ai grandi, qui avait des livres sur la photo. Au même moment, j’ai commencé à m’intéresser à la musique et à la fin des 80s, le Hip-Hop était en pleine ébullition. Du coup, j’ai décidé de m’installer à New York après le lycée pour faire partie du mouvement.

Une fois sur place, j’ai obtenu un job chez un petit label de musique nommé Payday Records qui manageait notamment Gang Starr, Jay-Z ou encore Mos Def. Je bossais aussi dans des clubs qui ont marqué l’histoire du Hip-Hop, avec une forte culture DJ, des freestyles d’antiquité, l’arrivée de Diddy dans le monde des soirées… À l’époque, on était une petite communauté accessible et chacun créait son propre chemin. C’est ainsi qu’est arrivée la première vague des marques de streetwear : Karl Kani, Mecca, FUBU… Idem pour les magazines et j’ai commencé à écrire pour plusieurs d’entre eux. D’ailleurs, j’étais venue à Paris et à Marseille avec Gang Starr durant une de leurs tournées. J’avais même rencontré MC Solaar !

Toute cette immersion dans l’avènement du Hip-Hop a fait que je me suis prise de passion pour l’écriture et la curation.

H : J’ai découvert ton travail à Sole DXB 2018 à Dubaï, avec ton premier livre Contact High: A Visual History of Hip-Hop. Que retiens-tu de l’expérience globale autour de ce premier ouvrage, de sa création à sa sortie, en passant par sa promotion ?

VT : Le Hip-Hop célèbrera ses 50 ans l’année prochaine. C’est aujourd’hui une culture globale, puissante et influente qui doit être documentée et transmise aux générations futures. Contact High m’a permis de fédérer et rassembler l’ensemble des acteurs et actrices du mouvement autour d’un même projet, malgré leur esprit de compétition : les artistes, les photographes, les journalistes, les auteurs… Ce premier livre m’a confirmé l’importance de perpétuer l’héritage du Hip-Hop à travers la littérature et la photographie, tout en célébrant ses protagonistes.

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On set avec Vikki Tobak et Mike Miller, en direct de La Place – Crédit photo : @cmichalet sur Instagram.

H : Tu as récemment sorti ton second livre Ice Cold: A Hip-Hop Jewelry History aux éditions TASCHEN. Comment as-tu abordé ce deuxième ouvrage ? Que peut-on en attendre ?

VT : Ice Cold a également pour but de célébrer un élément précis de la culture Hip-Hop, à savoir les bijoux, en racontant leur histoire à travers celle du mouvement. Je savais d’emblée qu’il y aurait beaucoup de textes pour bien entrer en profondeur et qu’il faudrait présenter et faire intervenir certaines figures comme Slick Rick, Eric B. & Rakim… ainsi que les gars de la rue qui ont inspiré et continuent d’inspirer les artistes. Il était également important de montrer l’évolution de cette “sous-culture” des 80s à nos jours, en présentant les grandes tendances : les diamants de Biggie et Jay-Z, les chaînes des labels de musique, les pierres colorées de Pharrell, la nouvelle vague d’Atlanta encore plus ostentatoire et shiny… Last but not least, je tenais également à proposer un ouvrage avec des visuels de qualité et TASCHEN est reconnu pour son haut niveau d’exigence en termes de photographies.

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Aperçu du livre Ice Cold: A Hip-Hop Jewelry History de Vikki Tobak aux éditions TASCHEN – Crédit photo : @cmichalet sur Instagram.

H : Je ne veux pas que tu spoiles les lecteurs sur le contenu du livre donc faisons un focus sur la cover que je trouve lourde et impactante. Parlez-nous de la réalisation de cette oeuvre d’introduction “talismanique et transformatrice”.

VT : C’est une histoire assez drôle… (rires) Au départ, on voulait utiliser une photo existante d’un artiste puis on s’est dit que ça serait trop spécifique et qu’on pourrait penser qu’il s’agit d’un livre sur cet artiste. Après de longues réflexions, on a pensé à une photo de JT des City Girls prise par Mike, qui est présente dans l’ouvrage, sur laquelle on voit uniquement sa poitrine avec son nameplate “City Girls”, un autre de leur label QC (Quality Control) et une troisième avec des diamants. On trouvait qu’elle résumait bien l’esprit du livre. Du coup, on s’est inspiré de ce cliché pour la cover, en faisant un focus uniquement sur un torse et des mains anonymes, ornés de bijoux emblématiques.

Initialement, on voulait que le modèle soit Mandy Aragones, la femme de Slick Rick. On a fait faire le nameplate “Ice Cold” par le fameux joaillier Joe Avianne de Avianne & Co., où on a organisé le shooting de la cover. On voulait faire une cover avec une femme et une seconde avec un homme. Du coup, on a demandé à un employé de la boutique d’être le modèle de la version masculine parce qu’il semblait être musclé… (rires) On a shooté plusieurs versions avec un pendentif Mercedes, une croix ankh, un pendentif Nefertiti… et finalement, on a opté pour un cliché avec l’employé, équipé de Cuban links, les nameplates “Ice Cold” et “TASCHEN” conçu par Bijules et les bagues en guise de clin d’oeil à Slick Rick.

MM : L’organisation et la réalisation du shooting de la cover sont vraiment mémorables ! (rires) J’ai faillit ne pas pouvoir me rendre à New York en raison d’une tempête de neige… J’ai finalement pu faire le déplacement mais je suis arrivé à 5h30 du matin et je suis parti dans la soirée. Une fois arrivé chez Avianne & Co., j’ai dû m’adapter aux conditions sur place car le spot dédié au shooting était étriqué et certains clients de la boutique “montaient sur mon dos” pour essayer des bijoux…

Je tiens d’ailleurs à remercier Vikki, une fois de plus, pour cette opportunité car c’est un honneur pour moi d’avoir été choisi pour réaliser cette cover !

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Dédicace de Ice Cold: A Hip-Hop Jewelry History par Mike Miller Crédit photo : @cmichalet sur Instagram.

H : Je suis vraiment impressionné par l’excellence de Ice Cold en termes de contenus historiques, de visuels et de book design. Pourquoi était-ce important pour toi et TASCHEN de concevoir un masterpiece, et non un “simple livre” ?

VT : C’est vraiment une des principales raisons à l’origine de la collaboration avec TASCHEN. Le livre devait être beau et d’excellente qualité. Malheureusement, les maisons d’édition ont l’habitude de ne pas prendre au sérieux et de bâcler les ouvrages sur le Hip-Hop. Ma vision était de concevoir et proposer un véritable objet de collection, surtout pour un livre sur la joaillerie.

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Dédicace de Ice Cold: A Hip-Hop Jewelry History par Vikki Tobak Crédit photo : @cmichalet sur Instagram.

H : En tant que parisien, je suis fier de la quatrième de couverture du livre… Pourquoi as-tu choisi de conclure cet ouvrage avec cette photo mythique de Run-DMC à Paris capturée par Ricky Powell en 1987 ?

VT : En effet, il s’agit d’un cliché iconique de Run-DMC shooté par le regretté Ricky Powell avec qui j’ai travaillé durant plusieurs années quand j’étais Culture Editor pour des magazines. Je trouve que cette photo représente parfaitement l’histoire et l’évolution de la culture Hip-Hop dans le monde : Run-DMC, un groupe de Rap dont les 3 membres viennent du Queens à New York, ornés de leurs fameuses dookie rope chains avec un pendentif adidas, leur ensemble adidas et leur adidas Shell Toes, à Paris, avec la Tour Eiffel au second plan ! Le Hip-Hop est devenu un mouvement global et TASCHEN a une large audience internationale donc le choix de cette photo était logique et pertinent.

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On set avec Vikki Tobak et Mike Miller, en direct de La Place (10 passage de la Canopée, 75001 Paris) – Crédit photo : @cmichalet sur Instagram.

H : Où peut-on se procurer Ice Cold: A Hip-Hop Jewelry History ?

VT : Le livre est dispo “partout” notamment sur le site et dans les boutiques TASCHEN, sur Amazon, chez Kith Paris, Fnac, Cultura

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Aperçu du livre Ice Cold: A Hip-Hop Jewelry History de Vikki Tobak aux éditions TASCHEN – Crédit photo : @cmichalet sur Instagram.

H : Pour toi, que signifie “She Knows” ?

VT : Quand j’entends le titre “She Knows”, je me dis qu’elle est consciente de l’importance de son travail et qu’elle sait que ce qu’elle accomplit va au delà de sa propre personne. She knows the importance of documenting and putting out these dope books!

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Ice Cold: A Hip-Hop Jewelry History de Vikki Tobak aux éditions TASCHEN – Crédit photo : @cmichalet sur Instagram